
GARGAS - Les Mines de Bruoux
« Pour petits et grands, ce court aller-retour à pied mais non moins surprenante et majestueuse balade, relie Gargas, village ocrier, et les fameuses Mines de Bruoux, ouverte au public. Après une petite marche paisible dans la pinède, l'arrivée devant la parois couleur fauve, entaillée d'immenses entrées en ogive, est saisissante ! Ensuite, le temps d’une heure au frais - 10° toute l'année !, la visite guidée dans le ventre de l'ancienne mine d'ocre, donne l'impression de déambuler dans une cathédrale déchue. Ce labyrinthe souterrain entre les douze étroites et immenses voutes, creusées à coups de pioche quotidiens par les anciens ocriers, est un témoignage remarquable sur l’industrie ocrière et les richesses géologiques et historiques de ce patrimoine d’exception.» Pauline Rimbert, stagiaire Chemins des Parcs au Parc naturel régional du Luberon
Les 11 patrimoines à découvrir

Quartier de la Grande Fontaine - ©Pauline Rimbert - PNR Luberon
Patrimoine et histoireGargas, quartier de la Grande Fontaine
Au XIXe s., c'est entre le château et le quartier de la Grande Fontaine que s'est structuré le cœur du village actuel. En 1863, la commune rachète le château et ses dépendances qui deviennent mairie, école et bureau de poste. C'est alors le centre administratif du village qui se constitue peu à peu. Plus tard se construisent une fontaine, un lavoir et plusieurs commerces. Suite à l'extension du quartier, le lavoir est supprimé et la fontaine est déplacée (toujours visible entre les platanes).

Front de taille d'exploitation d'ocres - ©Eric Garnier - PNR Luberon
GéologieAux origines de l'ocre
Il y a environ 125 millions d’années, une mer peu profonde recouvrait une partie de la Provence. Sur le bassin du Pays d’Apt, des sédiments marins à l’origine des calcaires blancs se déposent, bientôt recouverts par des roches argileuses (marnes grises) et des sables riches en fragments de coquilles, d’oursins et d’organismes microscopiques. Ces sédiments s’accumulent en couches obliques sur le fond marin, formant des grains verts de glauconie, une substance riche en fer.

Ocriers devant la mine - ©DR
Patrimoine et histoireExploitation de l'ocre
Lancée à la fin du XVIIIe s., l'industrie ocrière connait son apogée dans les années 1920. L'ocre était incorporée comme épaississant dans les produits manufacturés tels que le caoutchouc naturel. Elle était aussi utilisée dans le bâtiment pour les enduits et les façades. Au XIXe et XXe s., l'exploitation industrielle exportait de gros volumes dans le monde entier : à l'apogée, sur les 40 000 tonnes d'ocre produites, plus de 90 % étaient exportés en Europe, en Amérique et dans les colonies. En 1929, l'industrie de l'ocre emploie un milliers d'ouvriers et d'employés.

Traces de pioches - ©Alain Hocquel - VPA
Savoir-faireExtraire le précieux minerai
Les carrières souterraines ont été creusées à la main par les ocriers. Dans les galeries, à la lumière de la lampe à carbure, ils maniaient le pic, la pioche et la pelle, puis évacuaient le minerai à la brouette. Les parois conservent encore parfois les traces de leurs outils. Les galeries, creusées parallèlement et perpendiculairement, se croisent et délimitent de puissants piliers qui soutiennent la voûte. Après des accidents parfois dramatiques, la réglementation impose progressivement une organisation plus régulière, en quadrillage.

Lavage de l'ocre - ©Ocres de France
Savoir-faireLe traitement de l'ocre
Après leur extraction, les sables ocreux subissent une succession de traitements qui conduit au pigment prêt à l'emploi. Les étapes de ce traitement ont changé depuis les premiers producteurs ; elles ont simplement évolué avec la mécanisation. Afin d'obtenir un produit final avec le moins de sable possible, l'ocre est traitée à travers un processus de lavage, de décantation dans des bassins (situés au nord de Gargas), puis de séchage, broyage et enfin, de cuisson.

Corynéphore blanchâtre - ©DR
FloreUne végétation qui aime l'ocre...
Les sols ocreux, à composante siliceuse, induisent une végétation exceptionnelle à forte personnalité qui contraste avec les sols calcaires des environs. Tout un cortège de plantes y trouvent refuge : laiche ponctuée, corynéphore blanchâtre ou encore avellinie de Micheli. Installées sur des sols très filtrants, celles-ci ont un cycle végétatif adapté très court afin de coïncider au mieux avec la courte période printanière pendant laquelle l'eau est présente dans les couches superficielles du sol. Les alentours des mines de Bruoux sont donc un lieu de très fort enjeu de conservation.

Pinède à Gargas - ©Eric Garnier - PNR Luberon
Point de vue - sommetUn paysage insolite
Ce paysage étonne par le contraste entre les couleurs chaudes de la roche, les verts des pinèdes et des chênaies, les vergers et les vignes alentour. Les falaises, les fronts de taille et les galeries rappellent l’exploitation passée des sables ocreux. Ici, la nature et le travail des hommes ont façonné ensemble un décor singulier, où la mémoire industrielle reste inscrite dans les formes du relief.

Site sensible à préserver - ©Daniel Grenouilleau
Patrimoine et histoireOpération Grand Site de France
Sité classé en 2002, le Massif des Ocres du Pays d’Apt forme l’un des ensembles ocriers les plus remarquables au monde. Ses falaises colorées, ses anciennes carrières, ses villages et ses paysages agricoles attirent de nombreux visiteurs, mais restent fragiles. Pour concilier accueil du public, qualité paysagère et préservation des patrimoines naturels, géologiques et culturels, une Opération Grand Site de France (OGS) est actuellement pilotée par la communauté de communes Pays d’Apt Luberon, en concertation avec les acteurs locaux.

Petit rhinolophe en hibernation - ©David Tatin
FauneRefuges pour chauves-souris
Avec une dynamique d’érosion très rapide, les galeries sont très sensibles aux intempéries. Elles accueillent de nombreuses espèces protégées de chauves-souris, qui profitent de la tranquillité et de l'humidité des lieux pour hiberner de l’automne au printemps. Les chauves-souris sont reines dans les galeries de l'ancienne carrière de Gargas. Mais attention, il est interdit de s'y aventurer au risque de les déranger! Sur les 35 espèces de chiroptères connues en France métropolitaine, 21 sont recensées dans le Luberon.

Evénement culturel aux Mines de Bruoux - ©Alain Hocquel - VPA
Patrimoine et histoireLes mines de Bruoux
Au cœur de cette forêt de pins, dans ces falaises aux couleurs chaudes et lumineuses, ont été creusées à la force des bras des ocriers plus de 40 km de galeries. Vestige monumental de l'exploitation de l'ocre, site unique et admirable, ce labyrinthe mystérieux est aujourd'hui protégé. Aux Mines de Bruoux, un parcours de 650 m a été aménagé en toute sécurité. Ces galeries impressionnantes, voûtées, en forme d’ogive ou même en plein cintre, jusqu’à 15 m de hauteur, forment une véritable cathédrale minérale : une plongée dans l’univers esthétique de l’ocre qui rend hommage au travail des ocriers, ces mineurs de la couleur.

Carrière d'ocre en exploitation - ©Société des Ocres de France
Patrimoine et histoireLa dernière carrière d'ocre d'Europe !
Aujourd’hui, la Société des Ocres de France exploite encore une carrière de 18 hectares à Gargas et le traitement de l'ocre s'effectue dans une usine à Apt. La société produit désormais 1 200 tonnes d’ocre par an. Cette entreprise familiale est bel et bien l’unique exploitant qui transforme le minerai ocreux en ocre pure. L'exportation représente 45 % de la production, en partie vers l'Afrique, mais aussi vers l'Europe du Nord et les Etats-Unis. Les pigmenst sont aujourdh'ui commercialisés pour la coloration d'enduits de facades et pour les badigeons. C’est aussi une belle histoire, une famille qui perpétue l’industrie ocrière depuis 1901.
Description
Face à la Grande Fontaine, partir à gauche et gagner le petit rond-point.
1- Au carrefour ''Gargas'', virer à gauche en direction des Lombards et Roussillon, et emprunter la route des Serres sur 300 m (longer la chaussée avec prudence !).
2- Dans le premier virage à gauche, quitter la route et prendre à droite la rue des Roubiniers (GR-GRP®). 5 m plus loin, à hauteur du gros platane, s'engager de suite à gauche sur un sentier. Longer le champ et 80 m plus loin, poursuivre sur le sentier à gauche. Monter progressivement en lisière de pinède (GR-GRP®). 360 plus haut, en haut de la pente, continuer à gauche.
3- Au déboucher sur le grand champ, continuer sur le chemin légèrement à droite (GR-GRP®). 30 m plus loin, filer à gauche et suivre le sentier dans la garrigue. Commencer à descendre, passer un virage bien prononcé à droite (attention, ornière et racines !), franchir un petit ressaut (marche !) et atteindre le bord de route (GR-GRP®).
4- Ne pas déboucher sur la route mais filer à droite sur le sentier étroit et sableux (non balisé). Longer sur 300 m et en léger surplomb, la chaussée de la route des Lombards, et atteindre l'esplanade des Mines de Bruoux.
5- Prendre le temps de pénétrer sur le site des Mines de Bruoux et profiter au mieux des lieux (visite guidées conseillée). Ensuite, revenir sur Gargas en empruntant dans le sens inverse, le cheminement pris à l'aller...
- Départ : La Grande Fontaine, av. des Cordiers, Gargas
- Arrivée : La Grande Fontaine, av. des Cordiers, Gargas
- Communes traversées : Gargas
Météo
Profil altimétrique
Recommandations
- Au départ et à l'arrivée : prudence à la circulation lors de l'emprunt de la route des Serres sur 300 m.
- En chemin, s’abstenir de tout prélèvement (flore, ocre).
- Pour la visite guidée des Mines de Bruoux (entrée payante) :
- Penser à réserver au préalable
- Se présenter à l'accueil du site 15-20 minutes en avance
- Pensez à réserver au préalable
- Prévoir des vêtements chauds
- Les animaux ne sont pas autorisés en visite.
- RISQUE INCENDIE : Le feu est l’ennemi de la forêt… et du randonneur ! Je ne fume pas en forêt et n'y allume pas de feu, d'autant que quelle que soit la saison, c'est interdit ! Et en période estivale, avant de partir en balade, je me renseigne sur les conditions et règlementations d'accès aux massifs forestiers.
Lieux de renseignement
Luberon Géoparc mondial UNESCO
60, place Jean Jaurès, 84400 Apt
Maison du Parc naturel régional du Luberon
60, place Jean Jaurès, 84400 Apt
Au centre-ville d’Apt, la Maison du Parc du Luberon vous accueille dans un hôtel particulier du XVIIIème siècle.
Informations touristiques et vente de livres, cartes, topoguides.
Exposition permanente visite gratuite.
Musée de géologie entrée payante (4 € ; 2€ réduit ; gratuit moins de 18 ans, scolaires, enseignants).
Ouvert au public lundi, mardi, jeudi 14h-17h30, et mercredi 9h-12h30 et 14h-17h30 (hors jours fériés).
OTI Pays d’Apt Luberon
788 avenue Victor Hugo, 84400 Apt
Bureau d'Apt
788 Avenue Victor Hugo 84400 Apt
T. +33 (0)4 90 74 03 18
Ouvert toute l'année
Ouvert du lundi samedi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h.
Fermé dimanche et jours fériés (hors juillet et août)
Du 1er octobre au 31 mars : Fermé le mercredi, dimanche et jours fériés.
Bureau de Bonnieux
1 Rue Victor Hugo 84480 Bonnieux
T. + 33 (0)4 90 75 91 90
Ouvert du lundi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h jusqu'au 30 septembre.
Fermé dimanche et jours fériés.
Bureau de Céreste
Boulevard Victor Hugo 04280 Céreste
T. +33 (0)4 92 79 09 84
Ouvert du 17 avril au 30 septembre du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h.
Fermé samedi, dimanche et jours fériés.
Bureau de Lacoste
La Cure - 36, place de l'Eglise 84480 Lacoste
T. +33 (0)4 90 06 11 36
Ouvert toute l'année
Du lundi au vendredi de 9h à 11h30 et de 13h30 à 17h.
Le samedi de 9h à 11h30.
Fermé dimanche et jours fériés.
Bureau de Ménerbes
Avenue Marcellin Poncet 84560 Ménerbes
T. +33 (0)4 90 72 21 80
Ouvert toute l'année
Ouvert uniquement le matin de 9h à 12h du mardi au samedi jusqu'au 30 avril.
À partir du 2 mai du mardi au vendredi de 9h à 12h et de 13h30 à 17h.
Le samedi de 9h à 12h.
Fermé dimanche, lundi et jours fériés.
Bureau de Roussillon
19 Place de la Poste 84220 Roussillon
T. +33 (0)4 90 05 60 25
Ouvert toute l'année
Du lundi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h.
Fermé dimanche et jours fériés (Hors juillet et août)
Bureau de Saint-Saturnin-lès-Apt
Avenue Jean Geoffroy 84490 Saint-Saturnin-lès-Apt
T. +33 (0)4 90 05 85 10
Ouvert du 13 juin au 15 septembre du mardi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h.
Fermé samedi, dimanche, lundi et jours fériés.
Accès routiers et parkings
A 6 km au nord-ouest d'Apt par les D900 et D101.
Stationnement :
Accès
- Numéro de secours :
- 114
- Pente :
- Parcours globalement plat sur 1.3 km, dont 700 m dans les galeries souterraines.
- Largeur :
- Largeur minimale de 1.20 m.
- Signalétique :
- Visite accompagnée uniquement.
- Revêtement :
- Sol dur avec aspérités propre aux sols ocreux.
- Exposition :
- Cheminement souterrain : 10° toute l'année !
- Conseils :
- 20 marches ponctuent la visite.
Visite non recommandée ayant de grandes difficultés à respirer.
Bâtons de marche conseillés pour les personnes souffrant de déséquilibre.
Signaler un problème ou une erreur
Vous avez repéré une erreur sur cette page ou constaté un problème lors de votre randonnée, signalez-les nous ici :
À proximité2
- Hébergement - Restauration





