
AIX-EN-PROVENCE - DIGNE-LES-BAINS - Sur le GR®69 La Routo®, itinérance pastorale en 9 jours
« Le GR®69 La Routo®, entre Aix-en-Provence et Digne-les-Bains, ce n’est pas qu’une belle randonnée à travers des paysages superbes : c’est un vrai voyage dans le temps, sur les traces des bergers et de leurs troupeaux. Cette portion, au cœur du Parc naturel régional du Verdon, s’inscrit dans un itinéraire plus vaste reliant la Crau au Piémont italien. Chaque étape raconte une histoire : drailles anciennes, villages perchés, savoir-faire pastoraux toujours vivants. En tant qu’écogarde, je croise souvent des randonneurs étonnés par la richesse de cette itinérance, aussi bien par ses paysages que par les rencontres humaines. Pour moi, c’est l’un des plus beaux moyens de relier nature, culture et mémoire vivante ! ». Stefano Blanc, écogarde chef de secteur et technicien randonnée au Parc naturel régional du Verdon.
9 étapes
Les 90 patrimoines à découvrir

En traversant les Alpes - ©Maison de la Transhumance
Patrimoine et histoireLa Routo®
La Routo®, de l’occitan "far la routo" ("transhumer"), est un projet franco-italien né de plus de dix ans de collaboration entre la Maison de la Transhumance (Salon-de-Provence) et l’Unione Montana Valle Stura (Piémont italien). Il a pour ambition de valoriser les territoires traversés par la transhumance à travers un itinéraire et un réseau transfrontalier reliant la plaine de la Crau à la vallée de la Stura, en Italie. Ce projet allie patrimoine pastoral, tourisme itinérant et coopération transalpine.

La fontaine de la Rotonde - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Eaux et rivièresL'eau bénite du Verdon
La fontaine de la Rotonde, emblème d'Aix-en-Provence, fut érigée en 1860 par l'architecte Théodore Dorès pour célébrer l'arrivée des eaux du canal de Provence en ville grâce au Verdon depuis Quinson. Son design monumental, composé d'une rotonde surmontée d'une statue de la Justice, reflète la prospérité retrouvée de la région. Cette fontaine devint rapidement un lieu de rassemblement et de rencontre pour les habitants, témoignant de l'importance de l'eau dans l'histoire et l'identité de la ville.

La fontaine - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Eaux et rivièresL'eau salvatrice
Au cœur de la Provence, l'eau des fontaines a toujours été vitale pour les transhumances. Depuis des siècles, les bergers et leurs troupeaux parcourent ces terres arides, reliant les pâturages d'été aux vallées verdoyantes. Les fontaines, véritables oasis, offrent une halte bienvenue aux voyageurs assoiffés. Leurs eaux fraîches et claires ont permis aux troupeaux de se désaltérer, et aux hommes de reprendre des forces. Ainsi, au fil des saisons, ces sources d'eau ont joué un rôle crucial dans la survie des transhumants, façonnant les itinéraires et les traditions pastorales de la région.

Montagne Sainte-Victoire - Paul Cézanne (1904) - ©DR
Patrimoine et histoireIl a fait une sacré impression
Paul Cézanne, peintre impressionniste, a immortalisé la montagne Sainte-Victoire dans ses œuvres emblématiques. Né à Aix-en-Provence en 1839, il avait un lien profond avec ce paysage majestueux qui dominait sa ville natale. Fasciné par ses formes et ses jeux de lumière changeants, Cézanne a peint la montagne à de nombreuses reprises, explorant ses nuances et ses reflets. Pour lui, la Sainte-Victoire était bien plus qu'un sujet de toile : c'était une source d'inspiration infinie.

Les calissons d'Aix - ©DR
Produits du terroirUn délice Aixois
Le calisson d’Aix, friandise emblématique d’Aix-en-Provence depuis le XVe s., associe la douceur du melon confit et des amandes finement broyées, reposant sur une fine couche de pain azyme et recouverte de glace royale. En forme de navette, ce petit bijou de la confiserie provençale est encore aujourd’hui fabriqué selon des méthodes artisanales.

Paul Cézanne - ©DR
Patrimoine et histoireUn peintre révolutionnaire
Cézanne a forgé un style unique, et sa quête incessante de perfection l'a conduit à expérimenter de nouvelles techniques picturales, ouvrant ainsi la voie à l'art moderne. Ses tableaux capturaient la grandeur et la simplicité de ce lieu emblématique, révélant la profondeur de sa vision artistique. Aujourd'hui, ses chefs-d'œuvre continuent de fasciner les spectateurs du monde entier, témoignant de la passion et du génie de l'un des plus grands peintres de tous les temps, disparu à Aix-en-Provence le 22 octobre 1906.

Tour de César - ©DR
Patrimoine et histoireCésar n'y est pour rien
La Tour de la Kéyrié, également connue sous le nom de Tour de César, aurait été bâtie en 1385 par le chanoine lsnard, cousin et adversaire de la Reine Jeanne. L’historien Roux-Alphéran (1776-1858) en parle : « Au Nord-Est d’Aix, sur le plateau de la Keyrié, s’élève la tour du Prévôt ou de la Prouvengue (…). On la nomme vulgairement "Tour de la Keyrié", ou plutôt "Tour de la Queyrié", parce que les enfants allaient autrefois s’y battre à coups de pierres ("s’enqueyran" en provençal) ». Aujourd’hui encore, la tour demeure en assez bon état de conservation.

Grand Site de France - ©DR
Patrimoine et histoireUn label super classe
En 2004, Sainte-Victoire obtient sa première labellisation "Grand Site de France" et devient ainsi l’un des quatre premiers de France, aux côtés de la Pointe du Raz en Cap Sizun, l’Aven d’Orgnac et le Pont du Gard. Cette prestigieuse distinction lui est renouvelée en 2011, puis en 2019, année qui marque l’extension de son périmètre à l’intégralité du site classé de Concors. Les agents d’accueil de la Maison du Grand Site de Vauvenargues assurent une information sur les richesses du Grand Site.

Le barrage du Bimont - ©DR
Eaux et rivièresL'aigue es oro
Le barrage de Bimont constitue une réserve de sécurité précieuse au cœur de l’aménagement hydraulique du canal de Provence. Elle est alimentée à 90% par de l’eau du Verdon grâce à la galerie souterraine de la Campane. Les 10% restants proviennent des apports naturels de la rivière l’Infernet. Le canal de Provence est alimenté par les réserves d’eau constituées sur le Verdon grâce aux barrages de Sainte-Croix et de Castillon.

La montagne Sainte-Victoire - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Point de vue - sommetLa Muse de Cézanne
Symbole du Pays d’Aix et muse de Cézanne, la montagne Sainte-Victoire culmine à 1011 m d’altitude. Depuis le pic des Mouches, son point le plus élevé, le regard s’étend jusqu’à la mer, au Mont-Ventoux et aux Alpes par temps clair. La célèbre Croix de Provence, visible de loin, veille sur les paysages depuis l’extrémité ouest du massif. De nombreux sentiers traversent ses versants, entre restanques, pins et garrigue.

Piste DFCI (Défense des Forêts Contre les Incendies) - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Savoir-faireDFCI, quésaco ?
Le 28 août 1989, un vaste incendie ravage la montagne Sainte-Victoire, marquant profondément le territoire. En réaction, les six communes concernées s’unissent au sein d’un syndicat intercommunal pour engager un ambitieux programme de réhabilitation du site classé. Celui-ci s’organise autour de plusieurs axes : restauration des terrains incendiés, aménagement de pistes DFCI (Défense des Forêts Contre les Incendies), débroussaillement de sécurité, gestion forestière, mais aussi soutien aux activités agricoles et pastorales. L’accueil du public est repensé, avec pour priorité la prévention des incendies et la préservation du milieu naturel.

Groupe de résistants sur la montagne Sainte-Victoire - ©Julia Pirotte - Photographe de presse
Patrimoine et histoireLes Maquisards
En août 1944, le maquis de Vauvenargues se reforma entre la ferme de la Sinne et le Puits-d’Auzon. Lors du débarquement allié du 15 août sur les côtes varoises, il comptait une cinquantaine d’hommes équipés d’armes individuelles, de mortiers et d’un fusil-mitrailleur. Parmi eux, une dizaine de soldats malgaches issus de la vingt-huitième Compagnie, alors casernée à Aix-en-Provence. Le groupe tenait notamment les positions stratégiques des cols de Claps et des Portes.

Coupole de l'observatoire et ferme de la Sinne - ©DR
Savoir-faireLa tête dans les étoiles
Installée dans l’imposante bâtisse provençale de la ferme de la Sinne, l’Association des Astronomes Amateurs Aixois de Vauvenargues (AAOV) partage sa passion du ciel depuis 1994. Sous la coupole de l’observatoire, un télescope de type Schmidt-Cassegrain de 355 mm, accompagné d’autres instruments d’observation, permet au grand public de s’initier à l’astronomie (cf. En savoir plus).

Quelques règles à respecter - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
FloreUn territoire sous protection
Le Département des Bouches-du-Rhône est propriétaire de 18 000 ha répartis sur une trentaine de domaines, dans le cadre d'une politique visant à diversifier et dynamiser l'ouverture au public. La combinaison des domaines du Taulisson, de Lambruisse et de la Sinne-Puits d'Auzon, qui s'étendent sur le repli nord de la montagne Sainte-Victoire, forme une mosaïque de paysages variés et de lieux mémoriels : forêts de chênes, garrigues, champs et bâtisses de charme.

Stèle du Puits d'Auzon - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireTerre de résistance
Ce territoire accueillit, à partir du 6 juin 1944, lors de la mobilisation liée au débarquement de Normandie en Provence, un maquis du Mouvement de Libération nationale. On assista également à une véritable "montée au maquis" de résistants venus d'Aix, Marseille, Trets, Rians et des villages environnants. Ces résistants furent répartis en plusieurs groupes, dont le plus important se trouvait dans la vallée, à l’est, dans la zone la plus élevée du Puits d’Auzon, après les cols de Claps et des Portes.

L'Asphodèle blanc - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
FloreElle ne craint pas le feu !
L'Asphodèle blanc est une espèce de plantes herbacées vivaces. Elle appartient à la famille des Liliaceae selon la classification classique, ou à celle des Asphodelaceae selon la classification phylogénétique, et au genre Asphodelus. C'est une espèce pyrophyte, c'est-à-dire qui résiste aux incendies.

La forêt domaniale de la Gardiole - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Savoir-faireL'Office national des forêts
L'Office national des forêts (ONF) joue un rôle clé en tant que garant des écosystèmes forestiers en France. Ses missions incluent la gestion durable des forêts publiques, la protection de la biodiversité et l'exploitation raisonnée des ressources, dans le respect de l'équilibre écologique. L'ONF se consacre également à l'éducation environnementale, aux missions de police forestière et à la lutte contre les incendies, contribuant ainsi à la pérennité des écosystèmes forestiers.

Premières vignes - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Produits du terroirRians et son vignoble
Les vignes des Coteaux d'Aix-en-Provence, les plus à l’ouest des vins de Provence, se situent dans une aire d'appellation créée en 1985. Cette dernière s'étend de la Durance à la mer Méditerranée, et de la vallée du Rhône à l’ouest jusqu'à la montagne Sainte-Victoire à l’est. Parmi les 73 caves particulières et 12 coopératives, dont le Cellier de Mont Major à Rians, deux communes du Var, Rians et Artigues, font partie de cette appellation. Elle est dominée par la production de rosé (86%), suivie du rouge (8%) et du blanc (6%).

Pigeonnier - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireNe me prends pas pour un pigeon
Les pigeonniers en Provence, témoins d'un riche passé agricole, sont des constructions typiques qui parsemaient autrefois le paysage rural. Ces édifices, souvent de forme cylindrique ou carrée, servaient à élever et à héberger les pigeons, offrant ainsi une source de nourriture importante pour les habitants. Aujourd'hui, de nombreux pigeonniers ont été restaurés et préservés en tant que témoins précieux du patrimoine rural de la région.

L'église et le donjon - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireRians en Provence
Riche d’histoire, la visite du village vous plonge dans le passé médiéval à travers de nombreux vestiges : la Tour de l’horloge (XIIe s.), la porte Saint-Jean, les anciens remparts, le donjon du château, la Tour carrée (place du Portail), le grenier public de la place du Posteuil (XVe s.), l’église Notre-Dame de Nazareth, ainsi que l’hospice Saint-Jacques fondé en 1558, ancien relais des pèlerins de Compostelle. Vous découvrirez également de magnifiques fontaines, portes et quelques maisons bourgeoises anciennes.

La stèle à la mémoire de Gaston Rébuffat - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireIl a atteint des sommets
Une stèle rappelle que Gaston Rébuffat, né le 7 mai 1921 à Marseille et décédé le 1er juin 1985 à Paris, fut un alpiniste français renommé, membre de l’expédition française à l’Annapurna en 1950. Durant son enfance, il passait souvent à Rians, où son père était né et où ses grands-parents étaient paysans.

La Routo® - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeLa Routo®
Une peinture sur la Routo® est présente près de la fontaine où les transhumants faisaient boire les troupeaux, avec un texte de Jean Giono sur les bergers. La Routo® y prend tout son sens...

La Fontaine François - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeLa font Francés
Située sur le passage des troupeaux lors de la transhumance, cette fontaine servait à l’abreuvage des moutons. L’eau y coule en abondance toute l’année, si bien que son tarissement est un signe de grande sécheresse. Pendant de nombreuses années, elle fut, avec celle du Caromp, la seule source d’eau potable du village.

Le troupreau traversant le village de Rians - ©Alessandra - Blanc
Elevage et pastoralismeLa transhumance
Le troupeau traverse le village de Rians, en direction des alpages. Après une halte bien méritée à la fontaine, où les animaux se désaltèrent, la Routo® continue travers les paysages pittoresques.

Fontaine du Posteuil - ©DR
Patrimoine et histoireLa fontaine aux deux enfants
La fontaine telle qu’on la voit fut construite en 1888. On peut penser que l’eau arrivait sur la Place avant la construction de la fontaine, puisque c’est en 1765 que le conseil municipal décide d’y apporter l’eau à partir de la Fontaine Saint-Laurent. Le bassin monolithe (c’est-à-dire d’un seul bloc de pierre) est en pierre bouchardée. Les mascarons ornant les canons représentent des têtes de lions. Le buffet supérieur est un bas-relief composé de deux enfants et d’un dauphin.

La transhumance traverse les villages - ©Alessandra Blanc
Elevage et pastoralismeSortie de Rians
La transhumance, pratique ancestrale, est le déplacement saisonnier du bétail entre les pâturages d'altitude en été et les vallées plus basses en hiver. En Provence, ce rituel pastoral est profondément enraciné dans la culture et l'histoire de la région. Chaque année, les bergers conduisent leurs troupeaux en suivant des routes tracées depuis des siècles. La transhumance est bien plus qu'un simple déplacement de bétail : c'est un lien vivant entre les hommes et la nature, préservant les traditions pastorales.

Le cellier de Mont-Major - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Produits du terroirLa Cave se rebiffe
Le Cellier de Mont-Major, fondé en 1922, est rattaché à l’appellation AOP "Coteaux d’Aix-en-Provence" depuis 1985. Une première phase de rénovation des cuves a été réalisée en 2019, suivie en 2023 d’une seconde phase de travaux dédiée à la vinification des vins rosés, grâce à une technique innovante : la stabulation à froid. Ces efforts ont porté leurs fruits : une médaille d’or au Concours national des courtiers et une médaille d’argent au Concours général agricole de Paris sont venues récompenser le travail des coopérateurs et du maître de chai. A consommer avec modération, bien entendu !

La nébuleuse d'Orion - ©DR
Patrimoine et histoireUn Riansais dans les étoiles
Né à Rians le 24 novembre 1564, Joseph Gaultier de La Valette est un astronome français de la première heure. Collaborateur et ami de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, il participe avec lui, en novembre 1610, à l’observation des lunes de Jupiter - quelques mois seulement après leur découverte par Galilée, et un mois après l’astronome anglais Thomas Harriot. Il est également le second, après Peiresc, à avoir observé la nébuleuse d’Orion.
Joseph Gaultier de La Valette s’éteint à Aix-en-Provence le 1er décembre 1647.
Vue depuis le Mont-Major - ©DR
Patrimoine et histoireOppida pour oppidum
Le terme « oppidum », d’origine latine, désigne une grande agglomération gauloise fortifiée. Il signifie littéralement « ville » et a été utilisé notamment par Jules César dans "La Guerre des Gaules". On ignore cependant quel mot utilisaient les Gaulois eux-mêmes pour désigner leurs cités. Aujourd’hui, le terme « oppida » est employé de façon élargie pour qualifier les agglomérations protohistoriques de l’âge du Fer.
L’oppidum situé ici est protégé à l’est par une première enceinte, puis par une seconde, naturellement délimitée par une falaise. Du haut de ce plateau calcaire, la vue est tout simplement imprenable !
La Grande Bastide - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Savoir-faireLa grande Bastide
Depuis 2014, la Grande Bastide est devenue un projet d’habitat groupé, fondé sur la coopération, le partage et la solidarité. Installé dans une ancienne bastide templière du XIIe s., cet éco-lieu propose à chaque foyer un espace de vie privé, à l’intérieur comme à l’extérieur, ainsi que des lieux communs pour se retrouver, échanger et partager des activités. A l’extérieur, un potager en permaculture et un poulailler complètent ce cadre de vie collectif, tourné vers l’écologie et le bien-vivre ensemble.

Bergères - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeLes Bergères
Les bergères, gardiennes des troupeaux, incarnent l'âme de la transhumance en Provence. De l'aube au crépuscule, elles parcourent les collines escarpées et les vallées verdoyantes, veillant sur leurs brebis avec dévouement. Leur travail exige une connaissance intime de la terre, des saisons et des bêtes, ainsi qu'une endurance à toute épreuve. Elles affrontent les intempéries, les prédateurs et les sentiers escarpés avec courage et détermination.

Le soir dans la cabane - ©DR
Elevage et pastoralismeLa cabane du berger
« Les cabanes de bergers, bien que modestes, sont des refuges précieux. C'est aussi un lieu de partage et d’amitié où l’on apprend à apprécier chaque moment et chaque rencontre. Les soirées passées dans la chaleur de la cabane, en compagnie d’amis chers, sont des parenthèses enchantées qui rappellent que, même dans les lieux les plus reculés, la présence et le partage restent des valeurs essentielles. En hommage et en souvenir d’Alphonse et de Noël, et à tous les bergers qui ouvrent leur porte et leur cœur ». Stefano Blanc, écogarde chef de secteur et technicien randonnée au Parc naturel régional du Verdon.

Affiche du film culte "Les 4 saisons d'Espigoule" - ©Christian Philibert
Patrimoine et histoireIci c'est Espigoule
A Espigoule, si les habitants tiennent bon face à l’invasion de la mélancolie, c’est sans doute grâce à leurs civets de lièvre mijotés des heures durant… et à leurs inépuisables parties de pétanque ! Alors, n’hésitez pas à faire une halte à Ginasservis - pardon, à Espigoule : vous y croiserez peut-être le tenancier du bistrot, les mémés râleuses, le peintre anarchiste (spécialiste autoproclamé de la sieste), le curé farfelu, le cycliste du dimanche ou encore une bande de joyeux farceurs. Toute une galerie de personnages… un brin caricaturaux, mais résolument attachants.
En tout cas, des habitants plus vrais que nature - et fort sympathiques !
Crâne de Phacomochère - ©DR
FaunePhacomochoerus
Le Phacomochère est un ordre de Suidés endémique de Provence, localisé autour du village d'Espigoule dans le Var. Il tient du sanglier, du babiroussa, du phacochère et du potamochère, mais ses dimensions semblent bien plus imposantes. Les excroissances frontales sont plus développées chez les mâles. Le Phacomochère est un animal solitaire, nocturne et très rare. Il semble omnivore, pouvant s'attaquer aussi bien aux vignes lorsque les raisins sont mûrs qu'aux troupeaux. Il est craint par les bergers locaux.

Loup gris - ©OFB
FauneCanis Lupus
Le loup est un animal hautement social, vivant en meutes aux structures familiales variables, influencées par les personnalités de ses membres. Superprédateur emblématique, il est bien présent dans le Haut-Var, où de nombreuses attaques ont été recensées sur les troupeaux. Cette présence accrue pose de réels défis au pastoralisme local, qui s’adapte en recourant de plus en plus à l’usage de chiens de protection.
Avec 24 meutes identifiées, le Var est aujourd’hui le deuxième département français comptant le plus grand nombre estimé de groupes de loups.
Orchis pourpre - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
FloreOrchis purpurea
L’Orchis pourpre ("Orchis purpurea") est l’une de nos orchidées indigènes les plus reconnaissables. Relativement courante en France, elle est toutefois protégée dans certaines régions. On l’identifie facilement grâce à ses grandes fleurs pour un orchis, et surtout à son labelle caractéristique en forme de petit bonhomme.
Elle figure sur la Liste rouge de la flore vasculaire de France métropolitaine (2019), sous le nom "Orchis purpurea Huds".
Les platanes sur la place de Vinon - ©DR
Elevage et pastoralismeIci, on te met à l'ombre
Sur la place du village, de nombreux platanes ont été plantés par des bergers d’Arles au XVIIIe s., qui souhaitaient ainsi protéger leur troupeau des grosses chaleurs pour pouvoir faire une halte pleine de fraîcheur. Vinon-sur-Verdon était autrefois une étape très importante du chemin de la transhumance.

Marché de Vinon-sur-Verdon - ©T.Vergoz
Produits du terroirLou merca
Au cœur de la région du Verdon, berceau de la Provence authentique, se trouvent des marchés provençaux qui invitent à un voyage gustatif et culturel. Ces marchés, véritables trésors locaux, offrent une immersion totale dans l’art de vivre provençal. Entre étals colorés, senteurs envoûtantes et rencontres chaleureuses, découvrez des produits locaux savoureux, des créations artisanales uniques et une atmosphère conviviale qui reflètent l’âme de la Provence où la tradition et l’authenticité se mêlent.

Le pont du 15 août 1944 - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireUn pont trop loin
Le 15 août 1944, lors du débarquement des Alliés sur la côte varoise, le pont de Vinon-sur-Verdon - point stratégique pour le repli des troupes allemandes - fut la cible de plusieurs vagues de bombardements américains. Ces attaques échouèrent, causant de lourdes pertes parmi la population civile. Ce sont finalement les résistants locaux qui, en le minant, réussirent à faire sauter le pont. Bien avant ces événements, lors des grandes transhumances, Vinon accueillait régulièrement bergers et troupeaux venus de la Crau, qui s’y arrêtaient pour faire halte sur la grande place.

Sur les drailles - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeTouchez pas au grisbi !
Les drailles, anciennes routes de transhumance, étaient délimitées par des pierres plantées par paires tous les quatre à cinq cents mètres, formant des repères visibles même de nuit afin de guider les troupeaux. Véritables voies publiques, donc inaliénables, elles étaient entretenues grâce aux redevances versées aux communes par les propriétaires des troupeaux arlésiens. Mais au fil des siècles, ces voies pastorales furent de plus en plus difficiles à préserver, confrontées aux pressions des riverains et aux convoitises des communes désireuses de récupérer ces terrains.

Troupeau sur la draille - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeLes Drailles ou Draye
(SUITE) Ces conflits entraînèrent de nombreux affrontements, que les tentatives de réglementation ponctuelle ne parvinrent pas à apaiser. Fatigués par cette lutte sans issue, les transhumants finirent par délaisser ces voies ancestrales au cours du XIXe s., préférant emprunter les routes plus accessibles de la vallée.

Cartes des drailles - ©DR
Elevage et pastoralismeLes chemins de la discorde
En 1840, le maire de Gréoux s’inquiète auprès du préfet : les conducteurs de troupeaux de bêtes d’average (terme désignant le petit bétail, ovin et caprin) venant d’Arles, délaissent désormais la draille traditionnelle passant par Vinon et Gréoux pour rejoindre Valensole. Ils empruntent à la place les nouvelles voies publiques, causant des dégâts aux cultures bordant ces chemins.

Troupeau sur les routes départementales - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeLe maire aboie mais la caravane passe
(Suite du POI précédent) Il faut dire que la masse moutonnière est impressionnante : certains jours, on compterait jusqu’à dix troupeaux de 1 000 à 8 000 têtes chacun - peut-être le maire exagère-t-il ? Quoi qu’il en soit, le préfet lui répond fermement : « Depuis l’abolition des privilèges et de la féodalité héritée de la Révolution, chacun est libre de choisir la voie publique qui lui paraît préférable, et ce principe s’applique aussi aux conducteurs de troupeaux… ».

Gréoux-les-Bains et ses thermes - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireGreu li Ban
Surnommée « l’Oasis romantique du Verdon » par Jean Giono, Gréoux-les-Bains est une station thermale nichée aux portes du Parc naturel régional du Verdon, au cœur d’une nature riche et généreuse. Connue depuis l’Antiquité sous le nom de "Nymphis Griséluis", en lien avec ses sources (les nymphes étant les divinités des eaux), la cité fut dotée de thermes par les Romains. Tombés dans l’oubli durant des siècles, les bains furent réhabilités à la fin du XVIIe s.

Les chiens de protection du troupeau - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeIls font le job
Les chiens de protection des troupeaux ovins jouent un rôle crucial dans la gestion des élevages en milieu pastoral. Ils sont un atout précieux pour les bergers. Leur simple présence suffit souvent à décourager les prédateurs, réduisant ainsi les attaques et les pertes au sein des troupeaux. Cependant, leur utilisation nécessite un engagement de la part des éleveurs en termes de formation, de soins et de gestion des chiens, afin de garantir leur efficacité et leur bien-être.

Consignes face aux chiens de protection - ©DR
Elevage et pastoralismeSuivre les consignes
La clé d'une cohabitation harmonieuse entre les chiens de protection et les randonneurs réside dans la compréhension et le respect mutuel. Les éleveurs jouent un rôle en informant le public sur la présence de ces chiens et les meilleures pratiques à adopter. De leur côté, les randonneurs doivent faire preuve de prudence et respecter les consignes pour éviter tout conflit (cf. "Recommandations" et "En savoir plus" en bas de page).

Pie-grièche méridionale - ©DR
FauneL'empaleuse méridionale
Elle se nourrit de grands insectes, de petits oiseaux, de rongeurs et de lézards. Comme d'autres pies-grièches, elle chasse en empalant ses victimes sur son bec en guise de "garde-manger". Elle constitue des lardoirs en empalant ses proies sur les épines des buissons, sur des brindilles ou des objets fins et pointus y compris fabriqués par l'homme, pour se faire des réserves de nourriture.

Traversée de Valensole - ©Emmanuel Breteau
Elevage et pastoralismeLa traversée de Valensole
Les hommes conduisent leurs troupeaux, accompagnés du "bayle" et de ses aides qui canalisent entre 500 et 2 000 moutons. Le "scabot", quelques chèvres et des ânes chargés de grandes corbeilles contenant les bagages ferment la marche. De puissants chiens des Alpes, portant de larges colliers cloutés, assurent la sécurité des animaux. Au loin, on entend les cris des bêtes, les sifflements des hommes, le tintement des sonnailles et le bruissement des pas…

Le troupeau - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeLa transhumance
Deux fois par an, les troupeaux traversent la Haute-Provence, suivant des trajets ancestraux qui les mènent des plaines vers les montagnes pastorales au printemps, puis vers les terres plus basses de la région lors de leur descente à l’automne. Ce long périple, qui peut durer plus de douze jours, commence souvent dans les environs d'Arles, avant que les animaux n'atteignent leurs pâturages saisonniers. Leur parcours suit des drailles ou carraires, des chemins spécialement réservés aux troupeaux, qui serpentent à travers des espaces naturels, loin des terres cultivées.

Chemin des drailles - ©DR
Elevage et pastoralismeLa juste mesure
Un règlement de 1783, toujours en vigueur en Provence, impose aux grandes carraires une largeur minimale de cinq cannes, soit environ 10 m, afin de permettre aux troupeaux de circuler librement. Sous le Second Empire, les autorités renforcent ces mesures en s'assurant que les troupeaux empruntent exclusivement ces anciens chemins, désormais cadastrés. L'objectif était de préserver les 145 km de routes impériales et les 291 km de routes départementales, ainsi que les terrains en bordure, en veillant à ce que la transhumance ne perturbe pas les infrastructures routières existantes.

Lavandins sur le plateau - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Produits du terroirLavandes et Lavandins
Le plateau de Valensole est devenu l'un des principaux centres de culture de la lavande, et plus particulièrement du lavandin. Les terres sauvages et ensoleillées de cette région offrent un environnement idéal pour cette culture. Depuis le XIXe s., la production de lavande fine en France connaît un essor fulgurant. Le lavandin, un hybride entre la lavande fine et la lavande aspic, a rapidement été préféré pour sa meilleure adaptation aux conditions climatiques et d’altitude du plateau.

Colonnes romaines - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoirePar Jupiter ou par Bacchus ?
Au Ier siècle avant J.-C., les Romains établissent leur cité près de la rivière, au pied de la colline. Les fouilles archéologiques ont révélé que la ville occupait toute la largeur de la vallée du Colostre. "Julia Augusta Reiorum Appolinaris" devient rapidement un carrefour routier majeur, reliant Aix à Digne, Fréjus à Castellane. Parmi les vestiges de cette époque, les quatre colonnes isolées dans le pré témoignent d'un temple, bien que l’on ignore encore quel dieu était honoré.

Le musée lapidaire - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireLe musée lapidaire
Le musée lapidaire de Riez a été créé en 1929 par Marcel Joannon, plus connu sous le nom de Marcel Provence. Installé dès ses origines dans le baptistère paléochrétien (Ve s.), il regroupe un ensemble de mobilier lapidaire essentiellement d’époque gallo-romaine (stèles, autels...).

Au pied de la colline, on aperçoit les colonnes - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireRiez, la cité romaine
Comme de nombreux villages de Provence, la ville de Riez a beaucoup "déménagé", alternant entre situation de plaine et "perchement". On pense, sans en avoir la preuve formelle, que les premiers habitants du lieu (les Reii, qui ont donné leur nom à la ville actuelle) avaient investi les hauteurs de la colline Saint-Maxime. Oppidum naturel, à la jonction de deux vallées fertiles (celles de l’Auvestre et du Colostre), le site est idéal, tout à la fois accessible et protégé.

Pins d'Alep centenaires - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
FloreLe pin d’alep
D’une taille assez remarquable, ces pins, âgés d’une centaine d’années, sont accompagnés au centre de l’esplanade par deux marronniers et deux tilleuls. Si leur disposition régulière en bordure de l’esplanade peut laisser penser qu’ils ont été plantés ici, les pins d’Alep sont cependant parfaitement à leur place à Riez. Avec le chêne vert (que l’on voit dans les fourrés alentours), ce pin est l’autre espèce d’arbre caractéristique de la forêt méditerranéenne.

La chapelle Saint-Maxime - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireSaint-Maxime, l’âme du lieu
On a peine à croire que le site fut plusieurs fois occupé, tant il ne reste rien de cette occupation. Autrefois pourtant se tenaient ici un ensemble d’habitations, une église érigée en cathédrale ainsi que le palais des évêques de Riez. Aujourd’hui, seule la petite chapelle Saint-Maxime semble veiller sur le lieu. Elle date de 1655. A ses côtés, une petite congrégation de l’ordre des Clarisses maintient la tradition religieuse.

Puimoisson - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Point de vue - sommetAu loin, Puimoisson
Depuis le plateau, une magnifique vue s’offre aux randonneurs : le village de Puimoisson se dessine à l’horizon, blotti dans le paysage, tandis que les premiers contreforts des Alpes se dressent au loin, majestueux.

Le cabanon de Saint-Maxime - ©Marjorie Salvarelli - PNR Verdon
Patrimoine et histoireLe cabanon de Saint-Maxime
Ce gros cabanon au milieu de la plaine Saint-Maxime est un hangar qui sert à stocker des machines agricoles.

Les fresques des transhumants - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeAu-delà du Pays
Nous avons écouté des anciens nous raconter la mémoire de leurs parents qui faisaient la route à pied. Puis nous avons interrogé des bergères et des bergers d’aujourd’hui qui continuent ou recommencent à transhumer à pied sur diverses portions du trajet. A partir de leurs témoignages et croquis, nous avons esquissé des cartes-récits pour évoquer les sentiers et les histoires, le passé et le présent, les joies et les emmerdes de la transhumance et du pastoralisme, pratique vitales et menacées.

La chapelle Notre-Dame - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireLa chapelle Notre-Dame
La chapelle Notre-Dame de Bellevue, parfois appelée chapelle de Beauvezer, s’élève à l’écart du village, face à un magnifique panorama sur la vallée. Elle succède à un édifice plus ancien, mentionné dès le XIIe s., sans doute construit pour répondre aux besoins spirituels des populations rurales. Au XVIIe s., un ermitage est accolé à la chapelle : un reclus y vivait alors, entre prière et solitude, entretenant les lieux et accueillant parfois les pèlerins. Modeste dans son architecture, la chapelle garde aujourd’hui cette atmosphère de retrait et de paix, propice à la contemplation.

La calade - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Savoir-faireQué Calado !
Au centre, du village à la montée de la chapelle Notre-Dame, le parcours emprunte deux calades. "Calade", c’est le nom que l’on donne aux chemins ou aux rues pavées de galets. Et des galets, sur le plateau de Valensole, il y en a ! On peut même dire que tout le plateau n'est qu'un immense amas de galets, accumulés depuis des millénaires et compactés ensemble (c’est ce que l’on appelle "le poudingue"). La calade désigne aussi la technique de mise en œuvre de ce revêtement.

Les paroles - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeParoles de transhumants
Les fresques sont faites de paroles de récits des transhumants. A lire sans modération.

L'amadouvier - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
FloreL’amadou doux
L'amadouvier, champignon étonnant, pousse sur les troncs morts d'arbres feuillus. Sa chair fibreuse, appelée amadou, était autrefois utilisée pour allumer le feu. Reconnaissable à son chapeau brun velouté, il évoque un petit coussin au toucher. Présent dans les forêts de bouleaux et de hêtres, ce champignon possède des propriétés étonnantes : inflammable, il servait de mèche, et ses fibres douces étaient utilisées pour panser les plaies. L’amadouvier s'inscrit dans l'histoire des pratiques ancestrales.

Cyprès et si loin ce cabanon - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireLe cabanon du Pré de Cour
Cet édifice, remarquable de par la présence d’un cyprès, présente une pièce habitable à l’étage où le propriétaire pouvait se réchauffer auprès de la cheminée.

Cabanon des Ferrayes - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireLe cabanon des Ferrayes
Ce cabanon, très délabré, permet une lecture précieuse des matériaux traditionnels : les galets, typiques du plateau de Valensole, sont hourdés au mortier de chaux, puis recouverts d’un enduit protecteur, aujourd’hui largement disparu. On devine encore sa toiture à double ressaut, en retrait de la façade : elle abritait sans doute un balcon et une grande grille d’envol, derrière laquelle se cachaient les boulins où nichaient autrefois les pigeons.

Cabanon des Ferrayes - ©Gwenaël Saby - PNR Verdon
Patrimoine et histoireLe cabanon des Ferrayes
Ce cabanon, très délabré, permet une lecture précieuse des matériaux traditionnels : les galets, typiques du plateau de Valensole, sont hourdés au mortier de chaux, puis recouverts d’un enduit protecteur, aujourd’hui largement disparu. On devine encore sa toiture à double ressaut, en retrait de la façade : elle abritait sans doute un balcon et une grande grille d’envol, derrière laquelle se cachaient les boulins où nichaient autrefois les pigeons.

L'anti-rongeurs - ©Marjorie Salvarelli - PNR Verdon
Patrimoine et histoireLe cabanon d'Envalenc
Des plaques en métal sont visibles à chaque angle de l’édifice. Lisses et glissantes, elles ont pour rôle d’éloigner les carnassiers en les empêchant de s’agripper.

Retour d'Arles - ©DR
Patrimoine et histoireLes Brigands
Les chemins ne sont pas sûrs. Les bergers qui montent aux pâturages en l’an 8, aux premiers temps du Consulat, en font l’amère expérience. Près de Puimoisson, trois bandits tentent en juin 1800 de rançonner le troupeau du bayle Marc. Les bergers parviennent à désarmer l’un d’eux et lui arrachent même sa veste. Heureux hommes que ces bergers, rescapés de la violence brigande !

L'échafaud - ©DR
Patrimoine et histoireLes Brigands (SUITE)
Alors que le bandit revient vers son chef, Garcin - dit Pouli Pastre, le "Joli Berger" en provençal - lui lance : « Il faut être un coyon comme toi, Jugy, de te laisser désarmer et enlever la veste ». Ce à quoi Jugy rétorque : « Foutou coyon de Pouli Pastre, si t’étais venu me secourir, ça ne serait point arrivé ! ». Plus tard, Pouli Pastre et Jugy sont capturés, jugés puis condamnés à mort pour vols et assassinats.

Elevage et pastoralismeLes patous de la bergère
Barbara Lapucha de la ferme de la palud à Castellane, nous présente ses compagnons de travail. Au-delà des brebis, la bergère a besoin de ses patous. Leur rôle est primordial pour répondre à de nombreuses questions qu'implique le pastoralisme.

Bergère avec son chien et son troupeau - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismePastoralisme et biodiversité
Le pastoralisme joue un rôle essentiel dans le maintien des espaces ouverts et la préservation de la biodiversité qui leur est associée. Sur un territoire où la forêt couvre 62 % de la surface, comme dans le Parc naturel régional du Verdon, la lutte contre l’enfrichement est un enjeu majeur. En plus de sa fonction paysagère et environnementale, le pastoralisme contribue pleinement à la richesse du patrimoine culturel local.

Le poteau de Telle - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeTel est le poteau
Au bout du plateau de Valensole se dresse le poteau de Telle, repère emblématique pour les bergers. Carrefour de transhumance, il marque le passage du plateau vers les Préalpes. De là, une draille descend droit vers la Bégude, puis Bras-d’Asse ou Estoublon. Quelques troupeaux venus du Var empruntent encore aujourd’hui cet itinéraire ancestral.

Pause en forêt - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeLe sylvo-pastoralisme
Le sylvo-pastoralisme est une pratique d'élevage qui consiste à faire pâturer les forêts par le bétail pour exploiter au mieux les ressources fourragères qui poussent spontanément sous les arbres, tout en conciliant cette activité avec l’exploitation du bois. Les troupeaux participent activement à cette pratique et contribuent à l’entretien des espaces ouverts et des espèces faunistiques et floristiques inféodées à ces milieux, au maintien des paysages ainsi qu'à la lutte contre le risque incendie.

Plan du pont en bois - ©DR
Patrimoine et histoireUn petit pont de bois ...
L’amélioration des voies de communication au XIXe s. et la construction des ponts sur les cours d’eau conduisent à des changements dans les trajets des troupeaux. Ainsi, le nouveau pont construit sur la rivière Asse durant les années 1830 détourne des troupeaux, mais durant un temps assez court : en effet, dans la nuit du 27 au 28 octobre 1882, une crue particulièrement dévastatrice emporte une partie du pont.

Pont sur l'Asse - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoirePassage oblige
Depuis le Moyen Age, la vallée de l’Asse est un axe majeur de transhumance. Elle voit passer les "trenteniers", ces petits troupeaux d’une trentaine de bêtes, montant de Quinson ou Gréoux vers Digne.

La rivière l'Asse - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Eaux et rivièresL'as des Asses
L’Asse, rivière torrentielle longue de 75,3 km, prend sa source à Barrême où confluent les « trois Asses » (Clumanc, Moriez, Blieux) et l’Estoublaïsse, avant de rejoindre la Durance en aval d’Oraison. Encore libre de tout aménagement hydraulique, elle draine un bassin de 658 km² et fait partie du réseau Natura 2000 depuis 2008 en tant que Site d'intérêt communautaire.

Vieux Bras - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireLe vieux Bras d'Asse
Quatre armées s’affrontaient : celle du roi, celle du duc de Savoie, celle des catholiques et celle des protestants. Les villages étaient tour à tour conquis, puis repris. Le vieux village de Bras-d’Asse, alors flanqué de quatre tours et de remparts ceinturant les habitations, aurait été repris par un chef catholique. En effet, le baron de Bras d’Escalis, ainsi que son voisin le seigneur d’Espinouse, avaient fait cause commune avec les huguenots. Les remparts et le château furent alors détruits.

Les bergers menant le troupeau - ©Emmanuel Breteau
Elevage et pastoralismeLa transhumance, entre révolution et restauration
Un texte décrit le déplacement saisonnier des troupeaux de moutons et de chèvres dans les montagnes des Alpes, où ils paissent sur les riches prairies après la fonte des neiges en juin. Les propriétaires délimitent les terrains le long de la route pour éviter les dommages causés par les animaux, qui sont surveillés par des bergers. Ces derniers organisent les troupeaux pour traire les brebis et les chèvres et fabriquer des fromages. Les muletiers viendrons récupérer les fromages à la fin de la saison.

Passage du col d'Allos - ©Emmanuel Breteau
Elevage et pastoralismeVexation et usurpation
Le tableau pastoral dressé par Martin, directeur des Ponts et Chaussées des Basses-Alpes en 1791, ne résiste pas à l’épreuve des faits. Dès 1798, l’administration départementale, puis en 1818 l’administration préfectorale, signalent les « vexations » subies par les conducteurs de troupeaux. Certains riverains, ayant usurpé les carraires durant la Révolution, exigent des « indemnités indues et arbitraires ». Les bergers, eux, ne comptaient pas se laisser tondre la laine sur le dos !

Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) de Carmejane - ©DR - CFPPA Carmejane
Savoir-faireL'école des bergers
Au centre de formation de Carmejane, les futurs bergers et vachers transhumants apprennent les gestes essentiels du métier : conduire et alimenter le troupeau, surveiller et soigner les animaux, utiliser et entretenir les équipements pastoraux. On y aborde aussi la connaissance et la gestion des milieux, la mise en place de moyens de protection face à la prédation, ou encore les techniques de manipulation et de déplacement des bêtes. La formation prépare aussi à organiser sa vie quotidienne dans des conditions souvent exigeantes, à s’insérer dans les dynamiques économiques locales et à valoriser durablement les ressources pastorales.

La tonte - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Savoir-faireDe la boule ... à zero
Chaque printemps, avant le grand départ vers les estives, vient le moment de la tonte. Ce geste ancestral, à la fois technique et symbolique, allège les moutons de leur épaisse toison, leur offrant un véritable soulagement à l’approche des chaleurs estivales. Les bergers s’appliquent à retirer la laine devenue dense et emmêlée, préparant ainsi les bêtes pour la transhumance. Mais au-delà de l’aspect pratique, la tonte est aussi un temps fort du calendrier pastoral : un moment de rencontre, d’entraide et de transmission, où la communauté se retrouve autour de gestes partagés.

En attendant les transhumants - ©DR
Patrimoine et histoireUn village de Haute-Provence (années 1960)
Dans la plaine de la Bléone, entre champs de lavande et tournesols, s’étire Le Chaffaut-Saint-Jurson, un village provençal aux allures typiques. Un majestueux cyprès veille sur le lavoir couvert de tuiles romanes, tandis qu’à quelques pas, l’église du XVIIe s. abrite un précieux ciboire en argent du XIIe s. La rue principale, bordée de maisons crépies aux volets bleus et de granges en pierre du pays, témoigne d’un charme ancien préservé. Autour, de coquets pavillons récents ponctuent le paysage, témoins de la vie paisible qui anime encore aujourd’hui ce coin de Provence.

Château de la Gremuse - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireLe Comte est bon
Mais la véritable "star" du village reste sans conteste le château de la Gremuse. Cette massive bâtisse carrée, un peu décrépite mais toujours imposante, veille sur un petit parc arboré et quelques dépendances. Erigé au XVe s. sous l’Ancien Régime, il a conservé une superbe porte cloutée, témoin de son histoire. Aujourd’hui encore, le château appartient à un comte, qui ouvre volontiers ses portes aux visiteurs… lorsqu’il est de passage au village. Les curieux et passionnés de patrimoine auront donc tout intérêt à guetter sa venue !

Comptons les moutons - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Patrimoine et histoireUn problème d’arithmétique
Un problème posé à des écoliers bas-alpins du cours moyen en 1928 : « Un maquignon a acheté un troupeau de moutons qui lui a coûté 1 320 francs. S’il l'avait payé 140 francs 25 de plus, chaque mouton lui aurait coûté 44 francs 25. Quel est le prix d’achat d’un mouton ? ». A méditer !

En marche - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
Elevage et pastoralismeContre les maladies des troupeaux
A partir du XIXe s., l’état de santé des troupeaux est une préoccupation de l’Administration. Les conducteurs ont ainsi l'obligation de faire examiner leurs bêtes, à la montée comme à la descente, par un vétérinaire qui leur délivre un certificat - ce qui complique singulièrement leur transhumance. Les maladies les plus fréquentes sont la clavelée, la fièvre aphteuse et la gale.

Le véto - ©DR
Elevage et pastoralismeLe droit de véto et ses rapports
Le service vétérinaire des Basses-Alpes publie chaque année un rapport sur la transhumance. Celui de 1930 révèle que les troupeaux accueillis en 1929 venaient majoritairement des Bouches-du-Rhône, avec des apports plus modestes depuis le Var, les Alpes-Maritimes et le Vaucluse. Parmi les 169 000 ovins transhumants recensés cette année-là, 120 000 provenaient des Bouches-du-Rhône, dont 51 000 étaient qualifiés d'"africains", c’est-à-dire venus d’Algérie. Ces derniers étaient souvent porteurs de la fièvre aphteuse.

La dalle aux ammonites - ©Stefano Blanc - PNR Verdon
GéologieA Digne, ils ont la dalle
La "dalle aux ammonites" a été découverte pour la première fois en juin 1941. Ce n’est toutefois qu’en 1979 que des travaux de terrassement ont permis de dégager une première partie du site, révélant environ 600 ammonites réparties sur 160 m². Jusqu’en 1994, seule une surface de 200 m² était visible. Par la suite, la Réserve naturelle géologique de Haute-Provence a poursuivi les dégagements, ajoutant environ 150 m² supplémentaires. Aujourd’hui, ce sont 320 m² de roche qui sont exposés, où l’on peut observer plus de 1 500 ammonites de toutes tailles.

Les anciens vestiges - ©DR
Patrimoine et histoireRetour aux sources
En 1991, une fouille de sauvetage permet de mettre à jour une maison gallo-romaine à péristyle aménagée autour d’une cour intérieure. Après étude des vestiges, les archéologues estiment qu’il s’agissait d’une "hostellerie résidentielle" ayant fonctionné durant le IIe s. après J.-C., mais dont les fondements remontent au début de notre ère. Les vestiges attestent de la présence à proximité des premiers thermes de la Dinia antique, et donc de l’utilisation de l’eau de sources thermales chaudes.

La gare de Digne - ©DR
Patrimoine et histoireLe train-train quotidien
En 1930, quatorze troupeaux dits "indigènes" (soit 3 686 bêtes) et trente-sept troupeaux "algériens" (soit 7 945 bêtes) sont transportés par chemin de fer. Cette pratique, bien que logistique, est déjà bien établie au début du XXe s.
Ainsi, en 1911, le maire de Prads note que le berger Joseph Boyer quitte la commune le 12 octobre avec son troupeau de 243 brebis pour rejoindre la gare de Digne et retourner à Montbel, près de La Crau, dans le Var. Le lendemain, c’est au tour d’André Barion de partir avec 615 bêtes, direction Lamanon, dans les Bouches-du-Rhône, via la même gare.
Les nouveaux thermes - ©DR
Eaux et rivièresDigne se met enfin dans le bain
En 1975, la municipalité conclut un accord avec la Société Thermale (alors exploitant privé) pour reprendre la gestion directe des thermes. Une régie thermale municipale est ainsi créée en 1979, et la commune fait construire un nouvel établissement thermal, ouvert en 1982. Ce dernier sera réaménagé et modernisé tout au long des quatre décennies suivantes.
Cette décennie de volontarisme politique et d’investissements massifs permet à la ville de revendiquer pleinement son identité thermale : en 1988, elle prend officiellement le nom de Digne-les-Bains.
Description
Embarquez pour une aventure mémorable sur le GR®69 La Routo®, l’itinéraire emblématique de la transhumance, de la Provence aux Alpes.
Au départ d’Aix-en-Provence, suivez les drailles pastorales vers Digne-les-Bains, au fil de 9 journées riches en contrastes et en découvertes. Traversez les collines boisées de Vauvenargues, imprégnées de l’esprit de Cézanne, puis rejoignez les paysages verdoyants autour de Rians. Longez le Verdon à Vinon-sur-Verdon, avant de plonger dans la mer de lavande du plateau de Valensole. À Riez, laissez-vous séduire par les ruelles pittoresques et l’héritage gallo-romain. L’ascension vers Saint-Jurs vous offrira des panoramas à couper le souffle, avant de redescendre vers Digne-les-Bains en suivant les méandres de la Bléone, bercé par le murmure apaisant de ses eaux.
Une odyssée de 161 km, entre nature préservée, traditions pastorales et patrimoine vivant.
- Départ : Fontaine de la Rotonde, Aix-en-Provence
- Arrivée : Office de tourisme, Digne-les-Bains
- Communes traversées : Aix-en-Provence, Saint-Marc-Jaumegarde, Vauvenargues, Jouques, Rians, Ginasservis, Vinon-sur-Verdon, Saint-Paul-lès-Durance, Gréoux-les-Bains, Valensole, Riez, Roumoules, Puimoisson, Saint-Jurs, Moustiers-Sainte-Marie, Bras-d'Asse, Saint-Jeannet, Le Chaffaut-Saint-Jurson et Digne-les-Bains
Météo
Profil altimétrique
Recommandations
- CONDITIONS METEO : je vérifie la météo avant de partir et je reporte si nécessaire. Je privilégie le printemps ou l’automne pour randonner.
- EQUIPEMENT ITINERANCE : je pars tôt, bien protégé du soleil (chapeau, lunettes, crème solaire) et avec 3L d’eau/jour. Je ne bois pas l’eau des torrents. Je porte des chaussures montantes, un pantalon, et mon sac (moins de 50L pour une journée, plus pour bivouac) contient des vêtements chauds, une cape de pluie, une carte IGN 1:25 000, une boussole, une lampe frontale, une couverture de survie et un sifflet.
- RISQUE INCENDIE : le feu est l’ennemi de la forêt… et du randonneur ! Je ne fume pas en forêt et n'y allume pas de feu, d'autant que quelle que soit la saison, c'est interdit ! Et en période estivale, avant de partir en balade, je me renseigne sur les conditions et réglementations d’accès aux massifs forestiers.
- ZONE PASTORALE (début juin-fin juillet) : en présence de chiens de protection venus à ma rencontre, je ne les caresse pas ni ne les menace. Je m'arrête, puis j'attends patiemment la fin du ''contrôle'' avant de reprendre calmement mon chemin en contournant le plus possible le troupeau. De préférence, ne pas emmener son chien et, sinon, bien le tenir en laisse. Pour mémoire, consulter les bons réflexes à adopter face aux chiens de protection et regarder la vidéo sur les chiens des moutons.
- ZONE SENSIBLE : je respecte les sentiers balisés et ne sors pas des chemins dans les zones protégées (ESI, ENS) afin de prévenir l’érosion et de protéger les habitats naturels.
Lieux de renseignement
Bouches-du-Rhône Tourisme
13 Rue Roux de Brignoles, 13006 Marseille
Maison du Parc naturel régional du Verdon - Domaine de Valx
Domaine de Valx, 04360 Moustiers-Sainte-Marie
OTI Durance-Luberon-Verdon
Du mardi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h30
Le dimanche : de 9h30 à 12h30
Transport
- Gratuit : parking relais Krypton, Aix-en-Provence (30 min à pied du départ, desservi navette Aixpress/ligne 16).
- Payant : parking Mignet, Aix-en-Provence (5 min à pied du départ).
- Train : gare Aix-en-Provence, gare Digne-les-Bains
- Bus : lignes ZOU!
Accès routiers et parkings
Depuis l’A8, sortir à Aix-en-Provence Centre (sortie 30B). Suivre ensuite l'avenue Victor-Hugo (D17) jusqu'à la Fontaine de la Rotonde.
Stationnement :
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